Connu dès l’origine comme plante médicinale aux nombreuses vertus contre pratiquement tous les maux, le thé fut aussi très tôt apprécié pour ses qualités gustatives et désaltérantes.
La consommation du thé prit un premier essor sous les Six Dynasties (386-589), notamment dans le Sud de la Chine, terre de prédilection de sa culture. Dès le VIIIème siècle, il devient une boisson courante, après avoir longtemps été réservé aux classes les plus aisées de la société chinoise. C’est d’ailleurs sous la dynastie Tang (618-907) que fut écrit le premier ouvrage sur le thé, le célèbre Cha Ching ou Classique du thé de Lu Yu.
A mesure que le goût pour le thé se répand dans toutes les couches de la société, les maisons de thé se multiplient et s’ouvrent aux marchands, ouvriers, artisans des quartiers. Le rôle social des maisons de thé est tel que dans certaines régions, dire « nous allons à la maison de thé » équivaut à dire « nous allons régler une dispute ».
C’est à partir des années 730, notamment sous l’influence des moines boudhistes que le thé fut implanté au Japon. La aussi, il donnera naissance à toute une civilisation dont la manifestation la plus connue aujourd’hui est la cérémonie du thé, chanoyu, ritualisée à l’extrême et à l’opposée de la conception chinoise de l’art du thé, toute de simplicité et d’harmonie, ce qui n’exclut pas une certaine sophistication.
Les Européens découvrent le thé de chine Deux millénaires après les Chinois, les Européens allaient à leur tour découvrir les vertus de cet arbuste légendaire, s’appropriant à la fois sa consommation et sa signification. Il n’est pas exagéré de dire que l’introduction du thé en Europe a parfois pris la forme d’une révolution. D’ailleurs, n’est ce pas en jetant dans les eaux du port de Boston des cargaisons de thé, trop lourdement taxé, que les Américains entamèrent leur guerre d’indépendance ? (voir Boston Tea Party).
Outre ces événements historiques, il est certain que la demande croissante de thé au cours de XVIIIème et XIXème siècles en Europe a été accompagné, comme en Chine autrefois, de nombreux bouleversements économiques et sociaux.
N’est ce pas le commerce du thé qui a largement contribué au développement de l’Empire britannique, fournissant sa richesse, provoquant l’introduction et le développement de la culture du thé en Inde ou à Ceylan ?
N’est ce pas pour transporter le thé, denrée fragile, supportant mal les longs séjours dans les soutes des bateaux, que furent inventés les clippers, ces coursiers des mers ?
Au lieu de des cinq ou six mois de traversée des lourds Indiamen, les clippers partis de Chine mettaient à peine 100 jours pour rallier l’estuaire de la Tamise, se livrant à des courses poursuites sans merci à qui déchargerait le premier le thé à Londres.
Eric Tabarly raconte avec talent cette Course du thé dont la plus célèbre fut celle de 1868. Cette année là, seize clippers sont au mouillage de la Pagode sur la rivière Min en aval de Fou Tchéou.
C’est Teaping qui accostera le premier à Londres suivi par Ariel à seulement 20 minutes.

